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Enfin un retard digne de notre réputation

Pour notre dernière sortie annuelle en extérieur, nous allons au Salève pour apprendre l’assurage en mouvement sur les vires Bütikofer. Cette technique est particulièrement efficace pour aller vite dans les terrains faciles, typiquement en montagne, mais où il faut rester encordé au cas où. Pour la présentation du Salève, je vous laisse relire l’article de 2024.

Nous nous retrouvons le dimanche 11 octobre à 9h00 au Gymnase. Jul est forfait, il ne sera pas avec nous, mais il était déjà de la partie en 2024. Au moment de partir, Thomas, le père d’Oscar, me demande à quelle heure nous serons de retour. Puisque le thème est d’être rapide, je fais un rapide calcul dans ma tête et j’avance avec une assurance fébrile « Environ 16h00 ! On envoie un message quand nous quittons le parking ».

Sur place, après un rapide inventaire du matériel, nous partons vers la falaise en papotant. C’est d’ailleurs une caractéristique de ce groupe, ça papote tout le temps, tellement que parfois je n’arrive plus à organiser mes pensées… Sous la paroi des Morgans, nous commençons les explications agrémentées de quelques ateliers pratiques : assurage sur becquet, nœud de cabestan et demi-cabestan, encordement « alpi », et progression corde courte et corde tendue. Cette dernière technique suscite quelques interrogations qu’en la chute. Et oui, toutes les falaises ne sont pas garnies de spits, et il faut parfois accepter de ne pas tomber…  

Une fois prêt, nous passons par la roche fendue, où les milliers de nos prédécesseurs ont finit par polir le calcaire comme du marbre. Du coup, le pas de 3 est tout de suite beaucoup plus tendu… Quand Lorraine passe à son tour, elle me dit « c’est sympa de passer par la faille, mais on perd un temps fou ». Effectivement, le chrono va déjà plus vite que prévu.

Nous poursuivons par le sentier des Étiolliets où nous franchissons le fameux câble vertical avec assurage au demi-cab pour tous les leaders de cordée. Puis après quelques lacets, nous passons devant le mur des limaces. Les anciens avaient le chic de nommer les passages caractéristiques de manière imagée. Sans doute avaient-ils l’habitude de rencontrer souvent des limaces sur cette voie, un peu comme nous aujourd’hui… Plus haut il y a aussi, la paroi du fromage, je vous laisse deviner pourquoi.

Nous évitons ce mur pour rejoindre les vires Bütikofer. Candide commence à grimper une première échelle, mais la pause de l’équipement d’assurage est un peu compliquée, car ici nous ne sommes pas dans le contexte d’une falaise normée. Les installations datent de 1926. Il faut donc « innover », ce qui n’est pas très facile. Robin le dépasse et reprend la tête pour la traversée des vires. Puis Agathe me suit, Oscar et Naël, et enfin Margaux et Lorraine. Rapidement, je m’aperçois que mes explications étaient sans doute peu claires ou mal comprises. La communication est toujours une affaire des deux parties… Bref, je suis obligé de réexpliquer à distance les consignes.

Oscar et Naël sont á leur tour confronter à des difficultés de compatibilité entre mousquetons et équipements fixes. Après 50 mètres de traversée épique, nous stoppons au milieu des vires pour le déjeuner avec pour consigne de faire vite. A ce moment, j’ai déjà abandonné l’idée d’atteindre la grotte de la mule… Lorraine ayant bien booster notre équipe, nous repartons après seulement 20 minutes de pause, mieux que l’heure habituelle… Nous continuons sur un sentier facile, mais où la zippette est interdite, puis rejoignons la deuxième section câblée des vires. Nous ne sommes pas franchement plus efficaces dans cette section. En attendant, les cordées d’Oscar/Naël et Margaux/Lorraine, Robin rend hommage à son frère en visitant lui aussi le trou à la fin des vires. Il est encore bouché…

Nous rangeons les cordes pour finir le parcours par un sentier débonnaire, mais bien raide. Nous croisons un chamois et un couple de sénior. Dans la suite des oracles d’Orpierre, Agathe révèle enfin le futur métier de Naël, qui sera traducteur simultané en langue des signes, et Margaux qui sera indicateur(rice) au FBI.   

Avant d’atteindre la ligne de rappels, nous refaisons un rappel de la préparation du rappel. Ça fait beaucoup de rappels, mais visiblement pas assez puisque Lorraine devra refaire ces rappels à chaque début de rappel. Bref, la prochaine fois, je rappellerai qu’il faut être attentif aux rappels.

Bon, à la décharge de tous, descendre en rappel, c’est sympa, mais avec un gros groupe, il y a beaucoup de temps d’attente. Nous profitons du soleil pendant qu’un aventurier descend, et au départ du troisième, nous sommes interpellés à distance par le couple de sénior qui a dû suivre le chamois et se retrouvent maintenant face aux vires Bütikofer. C’est Robin qui m’indique où ils se trouvent sur la paroi : « Hé ho, est-ce que ça passe par ici ? ». Là, j’avoue être un vraiment interloqué par cette question. Je leur réponds que pour moi, non, en me disant que dans quelques minutes nous aurons l’hélicoptère de la sécurité civile.

Lorraine gère le dernier rappel, après avoir fait le serre-fil pendant les trois premiers, puis nous rejoignons le chemin que nous avons pris à la montée en demandant à tous de réduire le volume de papotage pour se concentrer sur la marche. Là aussi, la zippette pourrait faire très mal.

Enfin, nous atteignons le parking à 16h00 plus deux heures de retard et sommes de retour à Groisy à presque 19h00. Voici un retard digne de notre réputation !

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