On ne pouvait pas rêver mieux
En 2025, lorsque j’ai proposé au bureau du club d’introduire une sortie cascade de glace dans le programme des activités de l’école d’aventure, j’avoue que j’avançais un peu en terrain inconnu. Non pas que je ne sache pas grimper sur de la glace (j’ose prétendre que j’ai une certaine expérience), mais c’était surtout de pouvoir gérer tous les aspects logiques.
Bon, dans un premier temps, il fallait trouver un guide de haute-montagne, car je ne suis pas habilité à encadrer cette activité. Ce point n’était pas le plus compliqué, j’ai plusieurs amis guides qui pouvait m’aider. Toutefois, il y en a un parmi eux avec qui je souhaitais particulièrement organiser cette sortie ; il s’agit de Fabien (Jacquier). Pourquoi lui ? Pour de nombreuses raisons. Fabien et moi avons fait la même école d’ingénieur (à Fontainebleau) où nous avons partagé plein de bonnes soirées étudiantes, c’est aussi grâce à lui que j’ai pu faire mes premières sorties en montagne, et puis nous avons passé sept jours en paroi pour gravir El Capitan au Yosemite. Tous ces moments laissent des souvenirs indélébiles. J’espère d’ailleurs que nos sorties dans le cadre de l’école d’aventure marqueront les esprits de nos jeunes pour leur laisser ce goût de l’aventure que j’ai personnellement cultivé ces 30 dernières années.
Pour revenir à l’organisation de cette sortie, il fallait aussi que tous les jeunes aient des crampons, des piolets et chaussures adaptées. Pour ce dernier point, là aussi, j’ai pu compter sur un autre ami aspirant guide (J.D.) qui m’a prêté 3 paires de chaussures d’alpinisme. Pour le reste, entre mon matériel, celui de Fabien et ceux qui étaient déjà équipés, nous avions tout ce qu’il faut pour notre groupe.
Enfin, il restait à trouver le bon moment, car les cascades de glace sont éphémères, et trouver les bonnes conditions n’est pas évident. Le premier jour que j’avais réservé dans le calendrier n’a pas été propice à cette sortie. Le site que j’avais envisagé n’était pas praticable, et en plus, ce jour-là il y avait trois absents pour blessure… Ce fut le week-end suivant, le dimanche 2 février, que j’ai pu trouver un autre site d’initiation, à la cascade de Bérard. Ni Fabien ni moi ne connaissions le site, ce n’était pas gagné, mais au moins les trois blessés étaient de retour…
Comme d’habitude, nous nous sommes retrouvé le dimanche vers 9h00 au gymnase de Groisy. Le premier objectif était de contrôler que tout le monde était suffisamment bien équipé contre le froid. En cascade, on a vite fait de geler, et nous avons dans le groupe un adepte inconditionnel du « short » (qui se reconnaitra) … Bon, à ma grande déception, il n’a pas osé se présenter en short pour le fun, car j’avais tout de même envoyé plusieurs avertissements péremptoires sur le groupe WhatsApp pour que tout le monde soit habillé chaudement.




Après avoir récupérer Fabien sur la route (au niveau du Fayet), nous arrivons au village du Buet vers 11h00, mais là, petit souci, les parkings sont archipleins. On tourne un peu, et coup de chance incroyable, deux places se libèrent sur le bas coté de la route non loin du parking principal. Nous avons vraiment eu du bol, car je nous voyais mal engagé…
Après 20 minutes de marche tranquille, nous arrivons enfin sur le site. J’avais pris soin de réserver, car la compagnie des guides de Chamonix qui gère le site m’avait dit que tout n’était pas formé et qu’il n’y avait de la place que pour dix grimpeurs, mais il y a foule ! Par chance, un groupe libère toute la première partie de la cascade juste au moment où nous avons fini d’équiper le groupe. Fabien et moi sautons sur l’occasion pour aller installer les cordes, et nous voilà prêts à grimper.




Ce n’est pas facile de grimper avec des crampons et des piolets. Ancrer son piolet en frappant la glace demande un peu d’adresse et tenir sur deux petites pointes enfoncées dans la glace n’inspire pas confiance à priori. Les garçons sont les plus impatients. Robin, Oscar, Candide, Jul se jettent sur les premières lignes. Agathe et Fantine, plus observatrices, choisissent une ligne plus tranquille pour commencer. Au fur et à mesure les jeunes prennent confiance et de grands sourires se dévoilent sur les visages. Après une petite pause casse-croûte, nous déplaçons les cordes sur des lignes adjacentes qui sont de plus en plus raides. Fantine et Agathe passent un cran au-dessus en attaquant l’une de ces longueurs, pendant que les garçons grimpent la plus raide, non sans difficultés… Au total, nous avons placé six lignes de 30 à 35 mètres de haut et chacun aura grimpé en moyenne quatre lignes. En fin de séance, Robin propose un petit concours de vitesse, où Candide et moi jouons le jeu. Lorraine et Fabien font aussi une petite longueur.




Vers 15h30, nous commençons à annoncer le départ à regret. Malheureusement, il faut rentrer… Nous avons eu beaucoup de chance. Tout s’est déroulé parfaitement, et en plus, nous n’avons même pas eu froid. On aurait pu venir en short 😉 !